ON DÉCRYPTE : FRIDA KAHLO

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Montre-moi l'Histoire
2 min ⋅ 11/05/2026

Aujourd’hui, j’ai décidé de vous parler d’un autoportrait de Frida Kahlo qui m’a marqué alors que j’étais encore au lycée, et je m’en souviens très bien, plus particulièrement en cours d’espagnol.

Cet autoportrait, c’est l’Autoportrait au collier d’épines et colibri réalisé en 1940.

Avant de vous parler du portrait, je vous propose de vous parler un peu de l’artiste.

Frida Kahlo naît le 6 juillet 1907 à Coyoacan au Mexique. Elle est une peintre emblématique, surtout connue pour ses autoportraits intimes et viscéraux qui mêlent corps meurtri, symboles mexicains et identité féminine. Elle est marquée dès l’enfance par la poliomyélite puis, à l’adolescence, par un terrible accident de bus qui la laisse avec des blessures multiples et des douleurs chroniques, et qui la condamnera à des séjours répétés alitées. Au moment de la réalisation de l’Autoportrait au collier d’épines et colibri, Frida est récemment séparée de Diego Rivera, artiste lui aussi.

Maintenant que vous avez ce contexte, vous comprendrez mieux la représentation à laquelle nous nous intéresserons aujourd’hui. Décryptons-la.

Sur ce portrait, Frida se représente au centre, le regard droit vers le spectateur, prête à le défier. Elle porte un haut blanc et un collier fait d’épines qui semble lui lacérer le cou, jusqu’à laisser apparaître des tâches de sang. Au centre de ce collier ? Un colibri noir disposé tel un pendentif. Sur ses épaules ? Un singe noir à sa droite et un chat noir à sa gauche. Sur ses cheveux sont visibles deux papillons. L’arrière-plan est fait d’une végétation dense, tropicale, accompagnée de deux libellules sur le haut du tableau.

Concernant la symbolique, le collier d’épines renvoie à la couronne du Christ. Frida s’inscrit dans une image de martyre, comparant la douleur physique et amoureuse à un sacrifice. On peut aussi penser que les papillons évoquent renouveau et résurrection, la guérison après la blessure.

Le colibri, quant à lui, symbolise dans la culture mexicaine l’amour et la chance amoureuse ainsi que le dieu aztèque de la guerre : Huitzilopochtli. Ces significations renforcent l’idée de la force intérieure guerrière. Nous voyons donc une Frida courageuse, qui se tient face à nous, prête à se relever de ses douleurs.

Le singe a été un cadeau de Diego Rivera. On peut donc supposer qu’ici, le singe le représente lui, ou du moins représente la relation entre les deux artistes. Il tire sur le collier, il est source de douleur. Le chat noir, laisse penser à un destin tragique.

Enfin, le fond de végétation rappelle quant à lui la culture mexicaine et la nature comme refuge.

À retenir alors :

Ce portrait est un manifeste de Frida sur la douleur assumée et la reconstruction de soi. Frida ne se cache pas, exhibe sa plaie et défie le spectateur. On aperçoit dans cet autoportrait autant de fierté que de vulnérabilité.

C’est également une oeuvre mélangeant références chrétiennes et symboles précolombiens, soit une oeuvre typique de son style artistique qui mêle catholicisme mexicain, mythe aztèque et iconographie personnelle.

Maintenant, vous en savez un peu plus sur ce portrait mythique de Frida Kahlo, femme artiste mêlant douleur et puissance.

À très vite pour plus d’histoire(s) et de patrimoine !

Annabelle

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Montre-moi l'Histoire

Par Annabelle Lachapelle

À propos de l’auteur de Montre-moi l'Histoire

Depuis petite, je suis liée au patrimoine. Mes parents n’ayant l’occasion de nous emmener en vacances ma soeur et moi, ils privilégient les petits week-ends en région. C’est notamment à cette occasion que je découvre les châteaux, dont ceux de la Loire, et surtout desquels je tombe amoureuse. Penser qu’ils sont là depuis des centaines d’années et qu’ils ont accueilli d’innombrables personnalités importantes m’a toujours plu. Avec eux, tout est question d’histoire, d’art, de personne, et même de politique…

Après le bac, je décide de m’orienter vers une licence d’Histoire, parcours Histoire de l’art et Archéologie. Durant 3 ans, je développe mes connaissances. Petit à petit, j’affine mes goûts. Mes envies professionnelles se confirment également : je veux partager cette culture à tous. Stéphane Bern a probablement déteint sur moi…

C’est ainsi que naissent les réseaux Montre-moi l’Histoire en 2021 puis, en 2025, l’entreprise de visites guidées du même nom. Montre-moi l’Histoire c’est moi, mais c’est aussi et surtout vous !

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