Ou l'épopée de la colonisation vue par les Champenois
Jusqu’au 2 novembre 2025 se tient à l’Hôtel-Dieu-le-Comte (Troyes, 10) une exposition retraçant le départ des Champenois vers la Nouvelle-France (Canada actuel) durant la première moitié du XVIIe siècle.
Si les Champenois représentent une petite partie des colons, ceux-ci étant majoritairement originaires de l’ouest et du nord de la France, ils comptent pourtant parmi eux des figures emblématiques du Canada naissant comme Jeanne Mance (originaire de Langres, 52), Marguerite Bourgeoys (Troyes, 10), Paul de Chomedey de Maisonneuve (Neuville-sur-Vanne, 10) et Jean Talon (Châlons-en-Champagne, 51).
Le département de l’Aube met en lumière ces colons de la région dans plus de 340m2 d’exposition. Nichée au coeur de la Cité du Vitrail, elle présente plus de 200 documents d’archives, manuscrits, oeuvres d’art, objets archéologiques et même ethnographiques. Le petit plus, selon moi, c’est l’accent mis sur la représentation de Troyes au XVIIe siècle. Des dispositifs multimédias montrent notamment au public des reconstitutions de la ville auboise durant les années 1600.
Les oeuvres réunies, issues de collections françaises mais aussi canadiennes, permettent de retracer l’histoire de la Nouvelle-France. C’est un sujet local, qu’il me semble intéressant d’enseigner aux habitants de l’Aube et du reste de la France. Conférences et animations viennent vivifier l’exposition, qui complète le programme de manifestations initié par le Département de l’Aube depuis 2009.
À travers l’exposition, nous découvrons certes Troyes au XVIIe siècle, mais aussi les enjeux qui ont poussé les Champenois à quitter leur terre, qu’ils soient économiques, politiques ainsi que religieux. Puis, au fil de la déambulation, nous découvrons la fondation de l’actuel Montréal par quatre de ces Champenois, précédemment cités. Enfin, l’exposition se termine sur le travail de mémoire de la Nouvelle-France, cédée aux Anglais en 1763, et comment elle participe à la construction de l’identité québécoise aux XIXe et XXe siècles.
Vous l’aurez sûrement compris, le point de vue adopté ici est européen et même plus précisément aubois. On ne parle pas tant des peuples qui vivaient déjà dans ces terres américaines, mais des Champenois et de leur arrivée sur le nouveau continent. C’est un choix, intéressant certes, mais qu’il faut garder en tête lorsque l’on visite l’exposition.
Toutefois, j’aimerais faire remarquer que la sélection d’oeuvre est, à mon goût, surprenante et diversifiée. Les institutions prêteuses sont nombreuses (50 !) et variées, ce qui permet de couvrir de nombreux pans de l’histoire de la colonisation, des tableaux aux vêtements en passant par le castor naturalisé, les archives de Troyes, de Ville-Marie et le vitrail de l’Arquebuse dont je vous joins quelques photos.
Les animations sont elles aussi nombreuses et diversifiées, de quoi combler toutes les envies ! Les prix varient en fonction de votre statut et si vous assistez à la visite guidée ou non. Toutes les informations tarifaires et les activités sont sur le site du Département de l’Aube, que je vous laisserai consulter si vous souhaitez à votre tour visiter l’exposition !
En bref, c’est pour moi une exposition réussie. Une scénographie claire et simple à suivre, des explications détaillées, un large panel d’oeuvres exposées et un objectif clair : en sortant de l’exposition, l’objectif fixé par le Département de l’Aube est atteint et le visiteur en a appris plus sur l’histoire d’un peuple et de deux villes.
Alors, tu vas filer la voir cette exposition tabarnak ?!
Culturellement vôtre,
Annabelle